COCA


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Il existe une confusion très largement répandue entre la cocaïne, alcaloïde isolé pour la première fois par Niemann en 1859, et la feuille de coca dont on l’extrait. La coca appartient à la famille des Erythroxylaceae du genre pantropical Erythroxylum . Seules deux de ses espèces, que l’on trouve sur le continent sud-américain jusqu’à 1 800 mètres d’altitude, ont des feuilles riches en alcaloïdes de cocaïne: l’Erythroxylum coca , appelée aussi coca bolivienne ou coca Húanuco, que l’on rencontre principalement dans les vallées chaudes de Bolivie et au Pérou sur le versant oriental de la cordillère des Andes, et l’Erythroxylum novogranatense , appelée aussi coca colombienne, qui pousse dans les vallées chaudes de Colombie et du nord de l’Équateur.

La plante de coca est un arbuste qui mesure de 50 centimètres à 2 mètres de hauteur. Ses feuilles ont une forme ovale et présentent, de chaque côté de la nervure centrale, un pli foliaire saillant et arqué très caractéristique. Le tronc est couvert d’une écorce rugueuse de couleur rougeâtre, tandis que les fleurs, nombreuses, petites et blanches, naissent sur les rameaux, éparses ou en groupes. Le fruit est une drupe de type ovoïde, de couleur rougeâtre foncé, qui contient une seule graine.

Au moment de la découverte de l’Amérique, la feuille de coca était mâchée par les indigènes du continent jusqu’en Amérique centrale et aux Caraïbes. Les Incas, en particulier, contrôlaient une grande partie des cultures, dont ils destinaient la production à l’élite nobiliaire et sacerdotale. Les Espagnols interdirent d’abord l’usage de la coca qualifiée de «talisman du Diable», avant d’en développer la culture lorsqu’ils se furent aperçus qu’elle stimulait le travail des Indiens envoyés par dizaines de milliers dans les mines. Aujourd’hui, son utilisation se limite aux populations andines du Pérou et de la Bolivie et à des minorités indiennes de Colombie ou de la forêt amazonienne. Dans les Andes, la prise de la coca est un véritable rituel: l’Indien extrait d’une petite bourse tissée, appelée chuspa en quechua, quelques feuilles sèches qu’il porte à sa bouche et triture sans les avaler. Puis il mord dans un petit morceau de pâte calcaire, plus ou moins dur ou amer, la llipta ou tocra . Il reprend quelques feuilles, un peu de llipta , et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il ait formé une petite boule. Après avoir placé cette dernière entre la joue et les dents, il la remue très doucement de façon à extraire progressivement le jus des feuilles. Cette dernière phase dure en général quarante-cinq minutes.

La llipta , qui joue le rôle de réactif alcalin, est élaborée, selon les régions, avec des racines de quinua (ou d’autres plantes) et de l’écorce de cacao, qui sont brûlées, humidifiées, puis enterrées pendant plusieurs mois. En Colombie, le mambe , que l’on obtient à partir de coquillages et d’os réduits en cendres, est une poudre blanche calcaire. Elle est contenue dans une petite calebasse, le poporo . On l’extrait au moyen d’une spatule que l’on porte à sa bouche. La prise de la coca, que l’on appelle en quechua acullico ou hallpay , est effectuée cinq à six fois par jour par les paysans, qui utilisent pour cela de 30 à 60 grammes de feuilles.

Les quantités de cocaïne ingérées au cours de cette opération sont infimes, et l’on ne considère plus aujourd’hui son utilisation comme une forme de toxicomanie. On a également longtemps cru qu’elle constituait un coupe-faim. Mais des études menées par un laboratoire de l’université de Harvard ont révélé que la coca était un aliment particulièrement riche en vitamines, sels minéraux et protéines végétales: elle permet donc, dans une certaine mesure, de compenser les carences alimentaires dont souffrent les populations indiennes des Andes.

La coca a toujours été utilisée comme plante médicinale. On a établi à l’époque moderne que ses effets vaso-constricteurs aident à lutter contre le froid. Elle combat également l’hypoglycémie, favorise les échanges gazeux au cours de la respiration, permettant l’adaptation de l’homme aux grandes altitudes. C’est pourquoi on recommande aux touristes d’en prendre sous forme de thé afin de combattre le mal des montagnes (sorroche ).

Ces vertus expliquent peut-être qu’elle soit considérée comme une plante sacrée par les Indiens et qu’elle joue un rôle essentiel au sein de leurs croyances et de leurs rituels: on lit, par exemple, l’avenir dans les feuilles jetées sur le sol, ou on les offre à la terre au cours de cérémonies animistes.

Cependant, depuis le début des années 1980, une très faible partie seulement de la production de feuilles de coca est destinée à la consommation et aux usages traditionnels. L’aggravation de la situation économique dans des pays comme la Bolivie et le Pérou a poussé de nombreux paysans des Andes à migrer dans les plaines tropicales du Bassin amazonien, comme le haut Huallaga ou le Chapare, pour se livrer à des cultures illicites, dont la production est transformée en cocaïne par les trafiquants. Au début des années 1990, on estimait les surfaces plantées de coca à 70 000 hectares en Bolivie et à plus de 100 000 hectares au Pérou. La fluctuation des cours de produits comme le café et le cacao sur le marché mondial, la politique protectionniste des pays développés en ce qui concerne leur production agricole font de la coca une des seules denrées dont l’écoulement et les prix soient garantis.

1. coca [ kɔka ] n. m. et f.
• 1568; mot esp. d'une langue d'Amérique
1 N. m. ou f. Arbrisseau (linacées) dont les feuilles persistantes contiennent des alcaloïdes, dont la cocaïne. Mâcher des feuilles de coca.
2 N. f. Substance extraite de la feuille de coca, aux propriétés stimulantes.
coca coca-cola [ kɔkakɔla ] n. m. inv.
• v. 1945; marque amér. 1886; nom déposé, de 1. coca et cola
Boisson gazéifiée à base de coca (2o) et de noix de cola. Un coca-cola : une bouteille, une canette, un verre de cette boisson. — Abrév. fam. COCA . Un whisky coca.

Coca nom masculin invariable Familier. Abréviation de Coca-Cola.

coca
n.
d1./d n. m. ou f. Arbuste du Pérou et de Bolivie, dont les feuilles renferment divers alcaloïdes et notam. la cocaïne.
d2./d n. f. Substance extraite des feuilles de coca, aux propriétés stimulantes.

⇒COCA, subst.
Arbuste andin, cultivé pour ses feuilles dont on extrait la cocaïne :
1. La coca n'est pas facile à faire lever [en Amazonie] et les premières phases de sa croissance exigent une grande attention. Les graines sont semées quand les grandes pluies commencent, et avec le temps les jeunes semis se transforment, s'ils ont été convenablement soignés, en arbrisseaux feuillus de 1 m 50 à 2 mètres de hauteur.
J.-W. PAGE, Les Derniers peuples primitifs, 1941, p. 167.
P. méton. Substance extraite des feuilles de cet arbuste :
2. — Impossible de vivre sans poison. L'homme est un animal qui ne peut pas ne pas s'empoisonner. Même les sauvages, tu m'entends bien. Les Chinois, c'est l'opium; les Arabes, le haschisch; les autres, en Amérique, le coca, le kola, toutes sortes de saloperies. Nous, les blancs, c'est l'alcool et le tabac. Et voilà, ceux qui ne prennent rien, c'est qu'ils s'enivrent de leur salive, comme disait Vallès, c'est qu'ils se saoulent de leur propre venin, avec leurs idées, avec leurs manies. Pas moyen de faire autrement.
G. DUHAMEL, Chronique des Pasquier, Les Maîtres, 1937, p. 162.
Prononc. et Orth. :[]. Ds Ac. 1878 et 1932. Étymol. et Hist. 1568 coca « arbrisseau d'Amérique dont les feuilles contiennent la cocaïne » (FR. LOPEZ DE GOMARA, Hist. Gen. des Indes Occ., etc., trad. en fr. par M. Fumée, f° 224 r° ds GDF. Compl.); 1598 « feuille de cet arbre, que les Indiens mâchent pour son action stimulante » (J. DE ACOSTA, Hist. nat. et mor. des Indes trad. en fr. par R. Regnault Cauxois, f° 172 a/b ds KÖNIG, p. 71). Empr. à l'esp. coca « id. », attesté dep. ca 1550 (Oviedo y Valdes ds FRIED.), lui-même empr. à l'aymara, lang. indigène du Pérou (KÖNIG, pp. 71-72; FRIED.; COR., s.v. coca I; FEW t. 20, p. 65). Fréq. abs. littér. :9. Bbg. BOULAN 1934, p. 67. — GOUG. Mots t. 1 1962, p. 33.

1. coca [kɔka] n.
ÉTYM. 1568; mot espagnol, coca, cuca, d'une langue du Pérou.
1 N. m. ou f. Plante dicotylédone, arbrisseau d'Amérique dont les feuilles contiennent un alcaloïde, la cocaïne (famille des Linacées, nom sc. : erythroxylon coca). → Bétel, cit. 2. — Syn. (rare) : cocaïer, n. m.
tableau Noms de plantes médicinales.
tableau Noms d'arbres, arbustes et arbrisseaux.
2 N. f. || La coca : la substance extraite de la feuille du coca. || La coca est un stimulant et un aliment d'épargne. || Vin de coca. || Boisson à la coca ( Coca-cola). || « Une trentaine de jeunes toxicomanes péruviens, consommateurs de “pâte de coca”, une drogue assez répandue en Amérique du Sud. » (la Recherche, no 151, janv. 1984, p. 8).

Encyclopédie Universelle. 2012.

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